Bien sûr, dans son environnement professionnel, le mari fait preuve d’une véritable compétence : il communique, résout des problèmes et obtient des résultats positifs et il est presque toujours mieux payé qu’une femme au même poste. Difficile donc de ne pas reconnaître ses capacités. Sa compagne s’étonne simplement qu’il les laisse au bureau et n’en fasse pas profiter ses proches. Le problème, c’est que les femmes ont tendance à traiter leurs compagnons plus comme de vilains petits garçons que comme des adultes à part entière. À quoi les hommes ripostent en se conduisant effectivement comme des sales gamins. Si vous cédez à cette tentation, votre rapport de couple va commencer, lentement mais sûrement, à se dégrader. Plus l’homme se rebellera, plus sa compagne le houspillera. Plus il résistera, plus elle adoptera le comportement d’une mère. Finalement, ils en arriveront tous deux au point où ils ne se considéreront plus comme des partenaires, des amants et des complices. Et il n’est pire tue- l’amour pour un homme que d’assimiler sa compagne à sa mère, ou, pour sa femme, de partager sa vie avec un petit garçon immature, égoïste et paresseux

Cessez de le houspiller : dites ce que vous pensez

Ce soir, à la pizzeria, l’ambiance est plus tendue que d’habitude. Le couple qui se dispute à la table 8 y est sans doute pour quelque chose. Les convives se font de plus en plus silencieux à mesure que le ton monte entre monsieur et madame. C’est la pizza géante qu’ils avaient choisi de partager qui est à l’origine de leur prise de bec. Lui voulait une « poivrons et câpres », elle convoitait une « hawaïenne ». Elle a commencé par l’accuser d’ignorer systématiquement ses préférences : elle déteste les câpres, depuis le temps, il pourrait le savoir. À quoi il rétorque que c’est un non-sens de mettre de l’ananas dans une pizza. Comment peut-on avaler un truc pareil ? D’ailleurs si elle j se donnait la peine de cuisiner un peu, ils ne seraient pas | obligés de dîner si souvent au restaurant. « Quoi ! Bondit elle, c’est toi qui as insisté pour venir dîner ici ! Avec mes problèmes de poids, je préférerais manger plus diététique. Est-ce vraiment trop demander d’avoir le droit de choisir j la pizza qui me fait envie, ne serait-ce qu’une fois ? » Les yeux rivés sur leurs assiettes, les convives écoutent, attendant la réplique de l’homme. Il prend son temps, boit une gorgée de vin, fixe le sol, jette un coup d’œil au menu, puis finalement lève les yeux vers sa femme. « Ce n’est pas de la pizza qu’il est question, hein ? C’est des quinze dernières années, non ? » Les remontrances à répétition trahissent un problème de communication. Le signal est clair : il est beaucoup plus simple de se réfugier dans le harcèlement et de s’envoyer des piques que de prendre le problème à bras-le-corps. Or, cette tendance est particulièrement développée chez les femmes. Le profil de la petite fille idéale, aujourd’hui encore, privilégie sagesse et douceur, c’est-à-dire qu’on demande aux femmes de faire passer leurs besoins et leurs désirs au second plan. La fillette devient donc une femme convaincue que son rôle consiste à éviter les conflits, à mettre de l’huile dans les rouages et à être aimée, quoi qu’il en coûte. C’est ce conditionnement qui explique pourquoi beaucoup de femmes ont tant de mal à prendre le taureau par les cornes. Très rares sont celles qui seront capables de dire simplement : « Je sature complètement, je n’en peux plus de cette vie, j’étouffe, j’ai besoin de prendre deux semaines pour faire une pause et le point. Si j’envoyais les enfants une semaine chez ma mère et que tu prennes quelques jours de congé pour t’occuper d’eux la deuxième semaine, ça me laisserait le temps de respirer un peu. Je crois que je reviendrais à peu près d’attaque et que je serais beaucoup plus facile à vivre. » Les femmes attendent des hommes qu’ils « sentent » intuitivement ce qui les travaille sans qu’elles soient obligées de le formuler explicitement. Elles s’imaginent qu’il suffit de lancer en bâillant : « Mmmh, je suis crevée, je crois que je vais aller me coucher », pour que son âme sœur dresse l’oreille, se dirige vers la salle de bains, se débarbouille, enfile un pyjama et se glisse dans les draps, débordant de tendresse et de désir. Mais voilà, la plupart du temps, le signal n’est pas capté. L’homme acquiesce mollement, gagne la cuisine, se ressert une bière et s’installe sur le canapé, muni de la télécommande. Seule dans son lit, elle finit par s’endormir avec le sentiment qu’elle n’est pas désirée ni aimée. Mais le harcèlement constant masque un problème de communication plus profond. Quand les femmes se forcent à formuler explicitement ce qu’elles attendent d’eux, les hommes, en général, répondent. Il faut comprendre que le fonctionnement cérébral masculin est relativement simple et que rares sont les hommes qui devinent ce que leurs partenaires signifient par-delà les mots qu’elles emploient. Une fois que les deux sexes ont compris cela, la communication devient beaucoup plus aisée et le harcèlement perd de sa raison d’être.

Cessez de le houspiller : dites ce que vous ressentez

Votre homme ne vous avouera pas forcément qu’il se sent castré quand vous lui faites des remarques sur son comportement ! Il ne vous dira pas que vos reproches lui rappellent son adolescence et les réprimandes de sa mère. Il ne vous confiera pas que ces scènes vous ôtent tout sex-appeal, précisément parce que vous lui rappelez sa maman. Quand vous lui serinez qu’il n’est pas à la hauteur, qu’il ne prend pas les bonnes décisions, il éprouve un sentiment d’échec qui le renvoie à une fragilité dont il ne vous parlera pas non plus. Bref, vous avez beau parler ensemble et même beaucoup, vous ne réussissez pas pour autant à faire passer les bons messages. Presque tous les problèmes d’un couple, infidélités, violences verbales ou physiques, dépression et harcèlement découlent d’une communication insuffisante. Les femmes demandent rarement : « Pourquoi est-ce que tu ne me parles plus ? » et peu d’hommes leur confieront l’inquiétude qui les taraude : « Tu n’as plus envie de faire l’amour avec moi. » Si la femme de votre vie vous asticote, c’est qu’elle a quelque chose à vous dire et que vous n’écoutez pas. Elle va donc s’obstiner jusqu’à ce que vous saisissiez le message. La raison pour laquelle vous n’écoutez pas est simple : elle ne s’y prend pas comme il faut. C’est une constante féminine d’aborder les problèmes de manière oblique, d’éviter l’approche frontale. Ce soir-là, Daniel rentre tard du bureau. Alexandra a son visage des mauvais jours. Avant même qu’il ait pu ouvrir la bouche, elle attaque bille en tête : Alexandra : « Tu sais quelle heure il est ? Tu aurais pu prévenir que tu rentrais si tard ! Le dîner est froid - tu n’as aucune considération pour moi, il n’y a que toi qui comptes ! » Daniel : « Ne crie pas comme ça ! Quand est-ce que tu arrêteras de geindre et d’exagérer ? Tu ne craches pas sur l’argent, que je sache... eh bien pour en gagner il faut travailler, et beaucoup ! Mais tu n’es jamais contente. » Alexandra : « Je connais la rengaine ! Ce que tu peux être égoïste ! Si tu faisais passer ta vie de famille avant le travail, pour une fois ? Tu ne fais jamais rien ici, c’est moi qui dois me coltiner tout le boulot ! » Daniel, quittant la pièce : « Fiche-moi la paix ! Je suis fatigué et j’en ai plus qu’assez de tes reproches perpétuels. » Alexandra : « Vas-y, tire-toi, tu te comportes encore comme un gosse. Tu sais ce que c’est ton problème ? Tu fuis ! Tu t’arranges toujours pour éviter d’affronter les problèmes et tu ne veux jamais en parler ! » Le tort d’Alexandra ? Au lieu d’exprimer directement ce qu’elle ressent, elle a exprimé son hostilité d’une manière Indirecte, tactique qui a mis Daniel sur la défensive, rendu toute communication impossible et empêché le couple de résoudre la situation. Aucun d’eux n’écoute l’autre. Alexandra ressasse le même message éculé que d’habitude et Daniel fuit, convaincu d’avoir affaire à une véritable mégère. Ils ne disent pas ce qu’ils ressentent vraiment. C’est le meilleur moyen d’aggraver leurs problèmes