Les femmes savent qu’elles exaspèrent leur compagnon mais cela ne veut pas dire qu’elles y prennent un quelconque plaisir. En général, il ne s’agit pour elles que d’un moyen en vue d’une fin.
Certaines ont fait du harcèlement une forme d’art. Nous avons identifié cinq techniques élémentaires de harcèlement :

L’obsessionnelle

: « Michel, et si tu sortais les poubelles ? » Pause. « Michel, tu avais promis de sortir les poubelles. » Cinq minutes plus tard : « Et cette poubelle, Michel, elle est toujours au milieu de l’entrée. »

La tous azimuts

: « Il est plus que temps de tondre là pelouse, Chéri. Au fait, la poignée de la porte de la cuisine est en train de se décrocher. Ah, et puis, la fenêtre de la chambre du fond est toujours coincée, et tu devrais aussi| vérifier l’antenne de la télé, etc. »

La maternante

: « Tu as pris tes pilules aujourd’hui, Paul ? Et arrête de manger des biscuits apéritifs, c’est mauvais pour ton cholestérol, et pense à ton régime... »

La comparative

: « Sylvie m’a dit que Pierre avait déjà nettoyé son barbecue et qu’ils recevaient des invités demain. Tu devrais peut-être en faire autant avant que l’été ne soit terminé ? »

La prévoyante

: « Gilles, j’espère que tu feras attention à ne pas trop boire ce soir ; pas question que tu rentres ivre mort comme l’an dernier. »

Les femmes sont bavardes et harceleuses envers leur compagnon

Certaines de nos lectrices se seront inévitablement reconnues dans l’un ou l’autre de ces petits exemples, mais s’ils les font toujours sourire, elles sont bien en peine de trouver une alternative.
Quand l’asticoteuse perd la mesure, ses relations avec son entourage se dégradent. L’homme qu’elle persécute inconsciemment risque de l’ignorer encore plus, ce qui ne fera qu’alimenter sa mauvaise humeur et ses accès de colère. Le sentiment d’échec grandissant qui l’accable va aggraver son ressentiment et, si elle ne change pas d’attitude, c’est l’avenir même du couple qui est menacé.

Le point de vue de la victime

L’homme reçoit ces remarques comme un discours négatif, indirect mais permanent, sur lui-même. On lui reproche tout ce qu’il n’a pas fait, on lui agite sous le nez l'inventaire de ses insuffisances. Et tout ça, le soir ou le Week-end, c’est-à-dire au moment où il n’aspire qu’à une chose : qu’on lui fiche la paix.

Plus la harceleuse s’obstine, plus l’homme se réfugie deus des attitudes défensives qui exaspèrent sa compagne : Journal, ordinateur, tâches ménagères, expression absente OU fermée, amnésie, surdité apparente et télécommande de lu télé. Personne n’aime servir d’exutoire à la colère rentrée, aux messages insidieux, à l’auto-apitoiement, aux proches, bref, à une entreprise de culpabilisation permanente. À la maison, tout le monde évite la harceleuse, l'abandonnant à sa rumination et à sa solitude. La fuite en avant est alors la pire des solutions, elle ne fait qu’augmenter l’incompréhension réciproque : plus la harceleuse harcèle, plus elle s’isole.

La seule conséquence certaine du harcèlement est la destruction de la relation entre la harceleuse et son compagnon parce que ce dernier ne supporte plus une relation où il a le sentiment de devoir passer son temps à se défendre. Ce type de comportement peut d’ailleurs le pousser à l’adultère ou sur un site de rencontre pour chercher à s’évader de la relation existante.

Pourquoi les femmes font-elles de meilleures harceleuses ?

La plupart des femmes sont, c’est un fait, imbattables à ce jeu.
On voit clairement que les femmes disposent de capacités très supérieures aux hommes sur le plan de la parole. Ce qui explique pourquoi, d’un point de vue féminin, les hommes ne disent pas grand-chose et, du point de vue masculin, les femmes sont des bavardes impénitentes.

Le cerveau féminin est « multitâche » : il peut envoyer cinq ou six balles en l’air en même temps. Une femme peut faire tourner un logiciel d’ordinateur tout en discutant au téléphone et en prêtant l’oreille à une discussion derrière elle, le tout en ingurgitant une tasse de café. Elle peut parler de plusieurs sujets différents dans la même conversation et recourir à cinq intonations différentes pour changer de sujet ou souligner certains points. Ne pouvant identifier que trois de ces intonations, les hommes perdent souvent le fil quand ils discutent avec leur âme sœur.

Cette aptitude à faire plusieurs choses en même temps peut d’ailleurs se manifester dans une seule phrase :
Jean : « Est-ce que Joëlle viendra pour le réveillon de Noël ? » Martine : « Joëlle m’a dit qu’elle viendrait si les commandes de tapis marchaient bien, avec la récession leur magasin a un peu souffert. Claudine, elle, ne viendra pas parce qu'André doit voir un spécialiste. Michel, lui, s’est fait licencier et il cherche un nouveau boulot. Quant à Brigitte, elle est coincée au bureau soixante-dix heures par semaine, son patron la pressure à mort, donc Joëlle m’a dit que, si elle venait, elle s’arrangerait pour arriver en fin de matinée, on pourrait en profiter pour aller chercher des tenues pour le mariage d’Emma, et j’ai pensé que si on donnait à Joëlle et Jean-Pierre la chambre d’amis, on pourrait demander à Yves d’arriver tôt pour que... » Jean : « Ça veut dire oui ou non ? » Martine : « Eh bien, ça dépend aussi de Claude, le patron de Nathalie, elle lui a demandé son après-midi, mais la voiture de Claude est en panne, etc. »

Jean pensait avoir posé une question simple et il se serait contenté d’une réponse par « oui » ou « non ». Et voilà qu’il se voit gratifié d’un discours fleuve qui contient une bonne dizaine de messages différents et presque autant de prénoms ! Frustré et débordé, il éprouve soudain une violente envie de sortir arroser la pelouse.

Le cerveau de l’homme est programmé pour traiter une seule tâche à la fois. Un homme ne peut se concentrer que sur une action. D’ailleurs, quand un homme déplie une carte routière, il éteint la radio. Si sa compagne lui parle au moment où il s’engage sur un rond-point, il risque fort de rater la sortie et de le lui reprocher. Pour certains, il est même difficile de marcher tout en mâchant du chewing-gum...

L’un des grands problèmes des hommes, c’est de gérer un harcèlement tous azimuts. Débordés, ils réagissent presque toujours en déconnectant. L’asticoteuse a alors tendance à augmenter le volume et à marteler ses reproches avec une véhémence accrue. Elle a beau exiger qu’il l’écoute, son compagnon va se replier de plus en plus sur lui-même, quitte à fuir purement et simplement s’il ne voit pas d’autre issue. Mais elle ne rend pas pour autant les armes. Se sentant acculé, l’homme risque alors de riposter avec agressivité et la discussion de dégénérer en dispute.